Les Adolescentes, Alberto Lattuada (1960)

Les Adolescentes

I dolci inganniAnnée : 1960

Vu le : 10 février 2019

8/10 iCM TVK IMDb

 

Réalisation :

Alberto Lattuada


Avec :

Christian Marquand, Catherine Spaak, Jean Sorel


Listes :

L’obscurité de Lim

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D’adolescentes ici, il est surtout question d’une Catherine Spaak toute jeunette, cousine de Guendalina (1957). Francesca est comme elle une fille de la bonne société ; mais elle est plus discrète et plus mâture, et pour cause, ce qu’on nous montre là, c’est en quelque sorte la naissance de sa condition de femme, l’éclosion en une nuit d’une jeune fille charmante devenue femme… Pop ! la sexualité féminine, ça naît en un instant, comme pour les premières règles.

Tout est dit dès la première séquence : Francesca dort et semble faire un rêve érotique qui la hantera toute la journée suivante. Procédé souvent repris du personnage à la recherche de quelque chose d’indéfinissable, ou de lui-même, tout au long d’une seule journée, à travers laquelle il multipliera les rencontres et les expériences (pour les hommes, en plus sinistre, il y a Le Feu follet par exemple, mais aussi sur une trame quasi-identique, le segment de Jean Rouch pour le film d’ailleurs éponyme : La Fleur de l’âge, les Adolescentes). Pour parler trivialement, on dira que Francesca a envie de se faire baiser. Mais pas par n’importe qui, par l’homme de ses rêves, celui qu’elle comprend désormais aimer (ou peut-être, au fond, juste vouloir baiser : les femmes, tout comme les jeunes filles ou les hommes, peuvent aussi n’avoir que des impulsions sexuelles se faisant d’abord passer pour des sentiments très profonds, et ça, on le comprend avec elle une fois ce rêve et ce désir assouvis).

Bref, c’est Alice au pays des merveilles… Elle arrivera à ses fins lascives, mais la grande réussite du film, comme souvent chez Lattuada traitant pourtant souvent des mêmes thèmes liés à la sexualité, c’est l’absence totale de vulgarité. La sexualité peut être un sujet à la fois sérieux et plaisant, sans qu’on en fasse une histoire obscène. Vu du côté des femmes d’ailleurs, ça reste toujours une histoire compliquée, donc follement intéressante à raconter.

Lattuada versant « relations intergénérationnelles ».

(Petite particularité amusante, symbole d’une époque révolue : tous les acteurs principaux sont des Français jouant sans la moindre difficulté de crédibilité — enfin pour le Français que je suis — des Italiens. « Je suis pour la Communauté Économique Européenne » comme on dit dans La Bambina.)

Les Adolescentes et Guendalina forment un magnifique diptyque sur les adolescentes européennes, citadines et bourgeoise à la fin des années 50.

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