Notes de visionnage 2008

 

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les films vus en 2008

La Guerre selon Charlie Wilson

Un sénateur américain est sensibilisé à la cause afghane lors de l’envahissement du pays par les Soviétiques dans les 80’s et cherche à trouver des fonds pour armer secrètement les moudjahidin qui se battent contre l’armée russe.

C’est passionnant. Et à la fin, la morale est implacable : « il faut continuer à leur donner des sous, pour construire des écoles, on peut pas les laisser tomber comme ça ! » « – Rien à foutre. » On connaît la suite…

Sabrina Billy Wilder

L’histoire est très agréable du début jusqu’à la fin, pas une séquence n’est inutile, l’évolution est parfaite : c’est un conte populaire et romantique. La mise en scène de Wilder est intelligente par sa sobriété ; les meilleures mises en scène sont celles qui ne se font pas remarquer. Et le jeu est absolument resplendissant : la personnalité d’Audrey Hepburn comme toujours est réjouissante, attachante — bref, on l’admire et on l’aime.

Les situations sont comme il faut : rares, épatantes, extra-ordinaires, construites, cocasses, mais toujours avec simplicité, authenticité et humilité, comme la fin avec l’histoire du chapeau. Il n’y a jamais de romantisme lyrique et exacerbé. C’est la simplicité du génie qui le rend efficace, non lourd ou antipathique.

L’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford

Encore un cinéaste qui écrit totalement son film… Et encore un qui aurait mieux fait de se faire aider. La mise en scène est excellente, mais je vois franchement pas où il veut en venir, Robert. Qu’y a-t-il d’intéressant à montrer les derniers mois de Jesse James, sa vie aux côtés de son futur assassin ? Aucune intrigue, aucune péripétie. Rien qu’une même situation qui revient vingt fois tout au long du film : Jesse James sait qu’il y a un traître dans la salle ; le traître plaisante pour paraître à l’aise… Toujours ce jeu de suspicion et au final James qui se laisse tuer quand il l’aura décidé et où il l’aura décidé.

Dommage parce que la mise en scène est de qualité, le petit Affleck est pas mal (jouer les idiots, c’est pas facile). Seul Brad Pitt m’agace à jouer toujours le même type… la composition de personnage, ça il sait pas ce que c’est et il est toujours là avec les mêmes mimiques du mec cool. On verra dans trente ans si j’ai la nostalgie de ça, après tout Cagney ne faisait rien d’autre…

Le Monde de Narnia : Chapitre 2 – Le Prince Caspian

Je suis bon spectateur, j’aime assez… malgré certaines bêtises dans l’histoire. Je ne sais pas si c’était déjà comme ça dans le livre ou si c’est les scénarios qui ont fait des raccourcis débiles, mais là parfois il y a vraiment des trucs à la limite de la vraisemblance. Les lignes de l’intrigue sont parfois bien visibles… Et c’est pas parce que c’est une histoire pour enfant qu’on doit débiliter la trame, voire certains personnages, qu’on doit faire apparaître des personnages ou des créatures qui semblent connaître les héros, mais que nous spectateurs, on ne connaît pas (c’est mal élevé de ne pas se présenter !^^)… Un blaireau qui parle, une « souris bottée… non mais c’est quoi ça ? on est parfois plus chez Perrault que chez Tolkien ! On est parfois plus dans le conte que dans l’heroic fantasy, et c’est à mon avis le gros défaut de cet univers. On ne sait pas trop où on est en fait.

J’ai préféré le second, justement parce que les personnages sont un peu plus vieux, ils ne passent pas leur temps à s’émerveiller… Et puis le premier film, le metteur en scène devait avoir l’esprit ailleurs, parce qu’il n’arrive pas du tout à diriger les enfants… Son rôle, c’est de leur expliquer pour chaque scène la situation, de bien leur faire comprendre ce qui vient après, et surtout d’où ils viennent pour jouer dans la continuité… Et là, parfois les acteurs sont complètement perdus, jouant des situations passagères et en oubliant le contexte (leur frère est chez la Sorcière blanche, ça devrait les préoccuper mais non, ils vont s’amuser et profitent de la vie magique à Narnia – Ah leur frère a vendu son âme pour des loukoums, ils ne valent finalement pas plus que lui… Comment avoir de la sympathie pour des personnages aussi débiles ?!…).

Once, James Carney

Camera-stylo pour un film irlandais tourné en numérique

Des films comme ça, on pourrait en voir des centaines par an. Il faut que le récit, les acteurs, soient bétons. Ou que la fille soit jolie. C’est pas vraiment le cas, mais ça reste assez sympathique pour que ça se laisse regarder.

Un film qui se joue sur deux portées. Mélodie : l’histoire d’amour entre l’Irlandais chanteur réparateur d’aspirateur et la Tchèque émigrée, vendeuse de roses dans la rue. L’histoire traditionnelle de l’amour impossible… Harmonie, main gauche : le rêve… irlandais, il joue dans la rue avec sa guitare pourrie, cette rencontre lui donne le courage de réunir son monde et ses sous pour enregistrer dans un studio. Tout se passe bien, il va pouvoir partir pour Londres… Un peu facile, un peu naïf, et alors… ? C’est bien de voir de temps en temps un film sans méchant, sans conflit, sans grand dilemme, et sans… grandes ambitions. Juste une tranche de vie, avec une couche d’espoir et de rêve trempée dans le chocolat musical du matin.