Notes de visionnage 2017

janvier-mars / avril-juin /

Juillet-sept 2017

César et Cléopâtre (1945)

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Toto et Cléopâtre (1963)

Une projection, un désastre, avec une copie qui a dû finir en lambeaux. Énième variation sur le thème du jumeau caché comme prétexte à des situations loufoques et aux quiproquos sans fin. De ce qui a pu être sauvé pour nos yeux n’est pas mal du tout malgré tout. Toto a ce petit quelque chose qui fera le succès de Louis de Funès, avec des mimiques burlesques, une exaspération naïve de petit garçon sexagénaire et un caractère à la fois de cochon et de mufle (à moins que ce soit la même chose).

Les Aventures fantastiques du baron Münchhausen (1943)

C’est un peu Derrick sous LSD. Beaucoup trop bavard, un peu comme si des enfants commentaient tous les jeux fantastiques qu’ils entreprenaient. La photographie est superbe, pleine de couleurs, mais ça l’est trop justement, pas une ombre en vue, aucune nuance, la même profondeur de champ que dans les Teletobies. Autrement le personnage principal n’a rien de bien fantaisiste ou de même charmant, on lui colle un costume de général SS et c’est pareil. Quant aux aventures, on est entre Le Petit Prince et l’Odyssée, on avance de saut de puce en saut de puce, d’une planète presque à une autre. Un peu facile.

Trouble Every Day, Claire Denis 2001

Irréversible à l’endroit. Denis atteint le summum de la vulgarité lors de la scène du viol. Formidable de voir ça dans un film de femme. La scène de la branlette (minimum syndical pour Gallo) avec un type qui refuse de faire la chose avec sa femme était déjà puissamment vulgaire.

PTU Johnny To

Un rythme de traînard avec une formidable bande sonore qui fait légèrement « vuuu » mais sans trop en faire non plus (et basé sur d’autres effets à peine perceptible mais jouissif même si déjà vus, comme le rythme des rayons d’une bicyclette). Une photo magnifique le plus souvent en grand angle semble-t-il, effet grotesque assuré lors des mouvements de caméra, et il y en a en permanence. Beaucoup d’humour pince-sans-rire, des personnages féminins formidables, un entremêlement narratif à peine compréhensible mais là encore plein d’ironie (genre de chassés-croisés rendus populaires par Tarantino), un gun fight final bien inspiré. J’en demandais pas tant.

Vendredi soir, Claire Denis (2002)

Les personnages sont toujours aussi antipathiques (des types qui draguent à tout va et des nanas qui baisent le premier venu la veille de s’installer avec son homme, désolé j’aime pas les cons qui ont besoin de baiser pour se prouver qu’ils existent), mais l’exercice de style est parfaitement réussi : poétique, contemplatif ; surtout avant que Vincent Lindon se pointe et que ça devienne un peu trop vulgaire pour moi. Même Grégoire Colin est formidable : il file un râteau à Valérie Lemercier et au revoir : deux heures de présence sur le tournage, cinq secondes à l’écran, et tu fais tes heures pour le chômage des intermittents, meilleur rôle ever, moins on voit Grégoire, meilleur il est. Et pis c’est quand même mieux quand Claire Denis filme des femmes ; ses personnages masculins sont des verges dures et moisies, c’est insupportable.

Chocolat, Claire Denis (1988)

Bon, je surnote un chouïa, un peu comme un mauvais prof plein de bienveillance pour une mauvaise élève qui n’a jamais fait jusque-là que de mauvais devoirs. Mais ça fait plaisir, enfin un bon film de Claire, mon idole !

Des personnages sympathiques (pas con de tous les mettre dans le même film, mais Claire, comme championne des personnages antipathiques, t’es forte ; j’imagine qu’ils te ressemblent aussi un peu) ça aide pour faire de bons films. Récit elliptique, mais ça reste dans les clous, avant de prendre de sales habitudes à force de trouver les trous plus intéressants que le reste. On peut noter aussi une absence totale de savoir-faire en matière de direction d’acteurs, et ça se remarque dans les rares séquences a plus de quatre ou cinq répliques, avec des acteurs franchement mauvais. Faut imaginer que Claire s’en est rendu compte, mais au lieu de se dire qu’elle allait faire des progrès ou prendre juste de très bons acteurs (ce qu’elle a ici avec Cluzet — quand même, un génie, ça peut aider à pas flinguer un film — ou avec une mauvaise Huppert) ben elle s’est dit que pas avoir de dialogues du tout, ou peu, un ou deux échanges par séquence, c’était mieux… Boh, pourquoi pas. Bref, ici, ça passe tout de même très bien, surtout quand les situations sont compréhensibles, qu’on évite quand même pas mal les lieux communs, et donc que les personnages/acteurs sont sympathiques. Ici c’est L’Amant de lady Chatterley raconté et vu par Tom Sawyer au féminin. Les personnages secondaires antipathiques, manquent peut-être, déjà, de nuance, à n’être qu’antipathiques, mais on les voit si peu, et le reste fait tellement plaisir…

Enfin une copie rendue proprement. Merci Claire, je n’y croyais plus.

Lady Paname, Henri Jeanson (1950)

Tout ce qu’aiment les Cahiers. Du rehearsal movie à la française avec des vieux décors (superbe Porte Saint-Martin et tout le quartier des Grands boulevards montré comme un petit village), des dialogues merveilleux qui font bien faux et théâtraux, de la post synchro chaotique, des acteurs merveilleux qui jouent comme si la guerre de Troie n’avait jamais eu lieu, une vieille langue argotique et un accent aujourd’hui perdu. Ça s’essouffle vers la fin sinon c’était un 9.

Tiens, Jeanson avait signé l’adaptation de La Dame de chez Maxim pour Korda diffusé y a quelques semaines à la tek, d’où l’hommage à un moment à la pièce de Feydeau, avec le « Hé allez donc, c’est pas mon père ! » Les Cahiers ont vraiment fait tomber un gros sac de poussière sur tout ce qu’il y avait de théâtral et de merveilleux dans le cinéma d’alors… Salopards. Un peu ironique de voir que c’est alors la tek qui dépoussière tout ça plus d’un demi-siècle après. Mais c’est trop tard, les salles sont vides, et comme un symbole, les films sont diffusés pour les sourds et les malentendants.

 

Stars in my Crown, Tourneur (1950)

No-western sans arme ou presque (ça commence par un coup d’éclat du pasteur pour s’intégrer à la communauté). L’accent est porté sur les relations entre les différents protagonistes et notamment l’opposition entre le jeune médecin athée et le pasteur. Celle-ci tourne très largement à l’avantage du dernier, mais assez curieusement on échappe aux bondieuseries grossières. Au-delà de son penchant pour la religion, cette histoire parle surtout très bien de morale et de justice.

Aspect noir très appréciable avec utilisation notamment d’une voix off ou d’un noir et blanc très contrasté. Sublime reconstitution de l’ouest également avec un design soigné pour les intérieurs loin des pétards de cow-boys ou des saloons. L’autre Ouest, le plus intéressant, pas celui des mythes de la gâchette, mais du développement de la civilisation sur de nouvelles terres. Journal d’un curé de campagne.

High Noon, machin hongkongais

Peut-être la plus belle merde vue cette année au cinéma. Programmation sans doute faite à l’aveugle, parce que rien n’est à sauver dans ce film. Une bande de jeunes cons qui ne s’intéressent à rien sinon aux filles et aux conneries. La présentation la plus bâclée jamais vu, et la plus vulgaire (façon publicité pour boisson gazeuse des années 80), qui fera que pendant tout le film, alternant en permanence le passage de la vie de l’un à un autre, on sera complètement perdu. Trop de personnages, trop identiques, pour des séquences stupides.

C’est filmé avec des téléphones portables ou ça en donne l’impression. Ça pleure, ça rit, sans qu’on sache pourquoi, une vraie torture.

Record battu en tout cas. Même deux. Jamais vu aussi peu de personnes dans une salle (et c’était la grande), et jamais vu autant de monde quitter la salle (pas un mince exploit donc compte tenu du précédent record).

Le juge Thorne fait sa loi, Tourneur (1955)

Même veine que Stars in my Crown, le juge itinérant remplaçant celui du pasteur. L’atmosphère presque bressonnienne, sans musique, sans éclats, au rythme de traînard, fait particulièrement plaisir avant que Tourneur fasse appel aux violons, et sans que cela jure avec ce qui précède d’ailleurs. La chute et la mort du père de la témoin est ratée, faute peut-être de matériel, ou par bienséance (montrer un cheval tomber d’un ravin, c’est pas top), quoi qu’il en soit, même sans montrer la scène en détail, la réaction de la fille est mal amenée voire absente. Le twist presque littérale du juge à la fin est aussi assez mal mené, avec une sorte de ruse de sioux prépubère pour surprendre ses ennemis… Mais tout ce qui précède est très bien construit. Le film peine toutefois à reproduire l’enthousiasme final de Stars in my Crown.

Octobre, Eisenstein (1928)

Ce qu’il est chiant ce Eisenstein. Peut-être une idée de mise en scène dans son film (la longue chevelure de cette tête inerte sur le pont qui se découpe peu à peu… sorte de split screen avec chariot élévateur… même quand il fait pas de montage ce type, il fait du montage). Le reste, c’est de la reconstitution aux ordres avec aucune idée de mise en scène, aucun récit, presque documentaire et c’est pas un compliment. Autant voir la Nouvelle Babylone, ça c’est du cinéma.

Courts-métrages promotionnels pour Blade Runner 2048

En 1981 naissait à la fois Blade Runner et MTV. Luke Scott s’est trompé de copie. Il y a des réplicants, et il y a des redoublants. Suivant.

Bel aveu. On salit Blade Runner en en proposant des suites comme on mouille les plus beaux yeux du monde d’une lèpre numérisée et inexpressive.

(Pis ça ressemble furieusement à Next Floor ce truc. De ?…)

 

L’Intrus, Claire Denis (2004)

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