Notes de visionnage 2018

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septembre – décembre 2018

Le Flambeur, Karel Reisz (1974)

Le travail de Reisz est impressionnant, profondément ancré dans son époque (scène de rues typiques à longue focale — sorties de bâtiments plus précisément en guise de transition). Ça tient très bien la route, mais j’ai une grande difficulté à suivre et comprendre ce genre de personnages qui voudraient que deux et deux fassent cinq et qui jouent pour répondre à leur angoisse de vivre… Ça m’énerve même profondément tout du long, impossible d’avoir la moindre sympathie pour ce type.

Un été capricieux, Jiri Menzel (1967)

Un ton unique, entre burlesque et poésie. Un peu comme si on avait donné la parole et un sexe à Tati. C’est pas toujours réussi, mais à la longue on s’y fait, surtout grâce à la performance de l’acteur principal. C’est malheureusement parfois un peu redondant, avec l’idée que le voltigeur puisse reproduire deux ou trois soirs de suite le même spectacle dans le même coin perdu. (Censuré à l’époque, on se demande bien pourquoi. Le côté sexuel peut-être, anticlérical, voire moqueur vis-à-vis de quelques membres de l’autorité de l’État…)

Les Parents terribles, Jean Cocteau (1948)

Il y en a encore qui utilise l’adjectif théâtral comme péjoratif (sans y être probablement jamais allé au théâtre), quand on n’aurait pas idée de dire d’une adaptation de roman qu’elle est romanesque… Qu’est-ce que le cinéma ? (Bazin ©) Faire un gros plan de « Sophie » quand son fils tombe dans les bras de sa Madeleine chérie. Au cinéma, on monte, on découpe, on choisit. Même dans un espace grand comme un dé à coudre, c’est le hors-champ qu’il faut faire exister. Parce que certes, c’est très bavard, mais le découpage de Cocteau est remarquable (nombre de raccords dans le mouvement, de panoramiques  ou de travellings d’accompagnement très important sans qu’on voit quoi que ce soit ; le bonhomme fait même des plongées, bien avant que certains s’imaginent Scorsese l’utiliser pour la première fois).

Au-delà de ça, le nœud tendu par Cocteau au milieu de ses personnages, sorte de mélodrame vaudevillesque tournant à la tragédie (et finissant au fond comme un Cocteau, par une morale certes élégante mais un peu chiante), c’est tout de même quelque chose. Et toujours cette idée qu’on retrouve souvent chez lui autour de la question du mensonge (j’aime la vérité, mais la vérité ne m’aime pas, etc.) : le plus réussi ici étant que Madeleine est peut-être la seule à se refuser au mensonge et qu’elle s’y trouve prise malgré elle. La moralité d’ailleurs de la vérité absolue dans laquelle toutes les vérités se font face n’est pas celle de Cocteau. On peut ne pas être d’accord, mais il est au moins fidèle à la sienne de morale. La vieille crève et un autre amour peut maintenant commencer, pour que les roues de la charrette de l’amour continuent de tourner…

Le Mur invisible, Elia Kazan (1947)

Pas bien convaincu. La direction d’acteurs est exceptionnelle, avec des acteurs chuchotant presque parfois, toujours très justes, avec notamment Celeste Holm et l’inévitable Dean Stockwell… Mais alors qu’on n’est pas loin de la création de l’État d’Israël, qu’on est deux ans après les horreurs des camps en Europe, faire un film sur l’antisémitisme de tous les jours peut-être là où on pourrait pourtant imaginer qu’il est le moins criant (la côte est des États-Unis), ça ressemble pas mal à un exercice de défonçage de portes ouvertes.

En plus du ça, on a de toute évidence un film à thèse, idéologique, et cette petite propagande ressemblant pas mal aux films éducatifs qu’on balancera dans les salles au public souvent adolescent pour les deux ou trois décennies qui viennent… ça n’a jamais réussi à faire de bons films. Un bon film, ça met en lumière les zones grises d’une société ou  de « l’âme humaine ». Ce qui est particulièrement mal foutu ici, c’est donc bien que le personnage de Peck ne remet jamais en question ses propres réflexes antisémites. Ce qu’il n’hésitera pourtant pas à faire (vive le préjugé) avec sa petite amie !…

Au bout de dix minutes pourtant, alors que Gregory Peck peine à trouver un angle d’attaque pour ses articles, il raconte à sa mère qu’avec d’autres sujets, c’était pas compliqué, avec des ouvriers, il lui suffisait de se faire ouvrier, avec les ballerines ,de se faire ballerines, pour comprendre ce qu’ils éprouvaient… mais avec les juifs, non, il ne voyait pas ce qu’il pourrait faire. Badam ! on se dit, bah voilà, en quoi ça devrait être différent ? Est-ce que l’antisémitisme, c’est pas un peu ça pour commencer ? s’interdire de penser qu’on puisse se mettre à la place d’un juif pour comprendre ce qu’il éprouve ? Eh ben, non ! Aucun jugement sur lui-même, sinon pour se taper sur la cuisse tendance « mais bon sang c’était pourtant simple ! » en maugréant contre lui-même de ne pas y avoir pensé avant… C’est pareil ! Ben, bien sûr que c’est pareil, et alors, qu’est-ce qui fait qu’il t’a fallu tout ce temps pour reconnaître qu’il n’y avait strictement aucune différence ? C’est bien parce que dans son esprit, ce n’était pas si évident, pas naturel…

Ça commençait donc mal. L’antisémite, on le cherche toujours chez les autres, jamais en soi-même. Si on n’a pas compris ça, à mon sens, on ne comprend rien aux préjugés de toutes sortes, en particulier ethniques.

Plus grave encore, le film est donc construit sur un subterfuge d’identité qu’on retrouvera par la suite et qui ne doit pas être ici à son premier coup d’essai (Shock Corridor, L’Invraisemblable Vérité, ou dans le même genre Dans la peau d’un Noir). Pendant tout le film, le personnage de Peck se moque donc de tout son monde en se faisant passer pour ce qu’il n’est pas. Moi, éthiquement parlant, ça me pose problème. Il ne le fait pas pour soutirer une information à un salopard, il ne s’infiltre pas dans un monde mafieux pour en faire état en tant que journaliste ou comme d’autres pourraient chercher à le détruire, non, il se fout la tête de ses collègues, il demande à son fils de mentir, et impose ça à sa copine sans même lui demander son avis. Un type qui ment délibérément à un public dupe et à qui on a rien à reprocher, c’est se foutre de leur tronche. C’est non seulement partir sur le préjugé (non plus racial mais idéologique) comme quoi au fond, hein, on serait un peu tous antisémite sans même parfois le savoir…, mais c’est surtout un peu s’ériger en inquisiteur chargé de révéler la véritable nature des uns ou des autres là où franchement y aurait sans doute mieux à faire ailleurs… L’antisémitisme au sortir de la guerre sur la côte est… Sérieux… Ah oui, grande cause national, grands papiers qui va vous révéler de grandes découvertes ! Et le plus gerbant dans cette affaire, c’est que quand Peck leur révèle que monsieur n’est pas juif, certains s’en moquent totalement… histoire de bien montrer qu’eux, qu’il soit juif ou non, ça les dérange pas le moins du monde. Mais oh !… qu’il se soit foutu de votre gueule en se faisant passer pour un autre, qu’il se soit servi de vous pour pondre ses articles à vos dépens, c’est pas problématique ?!…

Le comportement d’ailleurs de ce journaliste s’achève sur une autre perle : monsieur semble trouver en la personne de sa collègue à la langue bien pendue un double parfait, il lui laisserait presque entendre que ça pourrait coller entre eux, et patatras, il retombe dans les bras de sa dulcinée qu’il n’a cessé de contrarier avec ses suspicions incessantes…

Il faut aussi noter que le film est adapté d’un roman écrit par une femme, et que le coup de chasser un préjugé ethnique alors qu’on se vautre soi-même dans des clichés rétrogrades concernant la place de la femme au foyer ou le rapport entre maris et femmes, pardon, mais je ne peux m’empêcher de trouver ça quelque peu ironique.

Icarus XB 1 (1963)

Naissance probable de la SF moderne. Le high-tech est ce qui vieillit le plus mal (le robot de Planète interdite, la maquette du vaisseau glissant dans l’espace façon jouet d’enfant). On retrouve le Lem de Solaris (folie des passagers, utilisation du sommeil comme ressort dramatique, présence des ET sous une forme imperceptible façon incommunicabilité, voyage sidéral), les couloirs si typiques en forme de nid d’abeilles, et même quelques notes de Jerry Goldsmith (celle du réveil dans Alien si je me rappelle bien, d’ailleurs, une bonne partie d’éléments ressemblent à Alien)…

Au-delà de tous ces aspects, ça reste assez mal maîtrisé. Les défauts de beaucoup de films de l’est de l’époque, à savoir un jeu très guindé et lent. Des décors et des effets certes impressionnants pour l’époque, mais arrive toujours un élément qui rappelle qu’on est en effet en 1963 : l’arme au rayon laser, les vues de l’espace et des planètes complètement ratées (à des années lumières de ce qui se fera seulement cinq ans après avec on sait quoi). J’avais peur à ce niveau quand arriverait la scène tant attendue de la découverte de la planète blanche, mais ironiquement, le plan de planète est là parfaitement réussie (vue d’une planète forcément en hauteur avec ses canaux comme un mélange de Mars et de Manhattan), ce qui est raté en revanche c’est le contrechamp de la réaction de l’équipage. Dernier aspect qui ne marche pas du tout, celui du film d’équipage justement : dans Alien, Scott et ses copains se recentre au milieu du film sur Replay, pas seulement faute de mieux, mais bien parce que l’idée génial de Alien comparée à celui-ci, c’était le principe de film à élimination, donc forcément, on se recentre sur les survivants. Ici, les deux hurluberlus partis explorés le vaisseau inconnu sont morts, et les deux autres sortis pendant une attaque de l’étoile noire seront gerris par les aliens gentils ; pas le meilleur moyen pour faire grimper l’intensité.

Transport du paradis (1963)

Récit éparpillé façon puzzle. Si l’art de la mise en scène, c’est de s’appliquer à présenter au mieux pour le spectateur un univers défini, ce Brynych est loin d’en être maître. Direction d’acteurs et scénario inexistants.

Man on a Tightrope, Kazan (1953)

Paranogande. Kazan joue les funambules en dépeignant des artistes sans convictions politiques ballottés entre Est et Ouest. Le pouvoir de l’indécision, la seule liberté possible.

La même année, dans La Nuit des forains, on retrouve les mêmes personnages (le patron de cirque en prise avec la quasi-faillite de sa troupe et une femme trop jeune, trop belle, trop citadine). Curieux. D’ailleurs, si ce personnage féminin (encore et toujours interprété par l’une des meilleures seconds rôles de Hollywood, Gloria Graham) a quelque chose de symbolique pour Kazan (elle est la tentatrice, celle qui pousse son mari, à passer à l’Ouest, celle que d’autres voient du mauvaise œil), elle a surtout aussi un petit quelque chose de typiquement féminin : la détestation des hommes faibles, faisant de leurs doutes, de leurs indécisions, de leur respect, de leurs précautions, une forme de lâcheté et d’une manque de virilité, et qui à la première baffe de leur homme se plongeront dans leur bras ayant enfin eu ce qu’elles attendent d’un homme, d’un vrai (sic). Et c’est pas le cinéma qui entretient une culture hein, certaines femmes sont réellement aussi névrosées, voire schizophrènes.

History Is Made at Night, Frank Borzage (1937)

Les bonnes recettes de la comédie romantique d’antan jusqu’à cette touche finale désastreuse, mélodramatique, avançant tel un paquebot hurlant dans la nuit brumeuse.

Quoique, avant l’échouage de l’engin sur un glacier, la ficelle criminelle nouée par le mari éconduit était déjà bien grosse…

Bref, la recette principale du film, ça reste ses acteurs formdiables, même si leurs scènes en commun ne sont pas assez nombreuses : Jean Arthur & Charles Boyer.

Queimada, Gillo Pontecorvo (1969)

Entre Nostromo et Viva Zapata, avec une volonté un peu avortée de vouloir faire comme du Sergio Leone, pour un résultat baroque et inabouti qui jure trop avec La Bataille d’Alger. Le récit est sec et sans poésie. Le seul et maigre intérêt du film, c’est le volet conspirationniste (ou simplement colonialiste, rappelant pas mal la place des Britanniques dans l’économie). On peut y voir une référence des Américains au Chili par exemple, mais le plus drôle reste le passage explicatif du chef militaire forgé de toute pièce par les « Blancs », avant de voir ce chef se retourner contre eux ; et là on songe forcément à e qui viendra trente ans après en Afghanistan.

Parce que pour le reste, c’est incroyablement mal fichu. Les scènes de présentation sont ratées. Pontecorvo de mémoire adoptait dans La Bataille d’Alger un même type de montage resserré avec des séquences courtes, assez préjudiciable quand il est question des personnages principaux et de leur présentation. La reconstitution est pauvre et laide. Pontecorvo se fout pas mal des pauses, le temps de faire du cinéma quoi, c’est à dire s’attarder soit sur un moment pour apprécier le paysage, une entrée en matière, une hésitation… Non, c’est à la fois très dynamique mais aussi scolaire parce qu’il ne s’intéresse qu’à la seule trame politique de son film : ses personnages sont des archétypes et n’ont pour ainsi dire pas de vie propre, pas de caractère, déterminés par leur fonction dramatique. Et ça c’est peut-être plus un défaut de Solinas (dans Le Mercenaire ça pouvait fonctionner parce qu’on se rapprochait encore plus de Leone et de ses personnages archétypaux, mais ici on est clairement dans un film plus politique, historique, qu’un amusement picaresque). Sérieusement, qui peut croire en Renato Salvatori  dans un personnage aussi pathétiquement grimmé ?

La Tarentule au ventre noir (1971)

Une fois lu le titre du film, on a vu ce qu’il a de meilleur. Dès le premier meurtre, écrit avec une épingle à nourrice par un scénariste miro pour un assassin aveugle et muet, c’est malheureusement une évidence.

Giallo du ventre mou.

Martin Roumagnac, G.Lacombe (1946)

On est parfois si bien à travailler avec des amis qu’on en oublie que l’étincelle chez le public, elle brille de l’incertitude, des petits silences qui se toisent et des flirtes entre amants. Manque la tension, quoi. Entre Gabin et Dietrich surtout. Lacombe ne semble pas flairer le problème parce qu’il le laisse aller comme deux vieux amants qui n’ont plus l’air que d’être des frères et sœurs. Et comme c’est affreusement bavard, s’appuyer sur le texte peut paraître pour tout le monde un guide assez pratique. Résultat, tous les moments forts sont ratés, car vite expédiés, ou mal exploités. C’est pas tant que c’est bavard, mais bien que le jeu de la jalousie et de la pute éperdue ne prend jamais. Si ce n’était pas les dialogues, ça devait passer par les gestes, les attitudes, les regards.

Il y a aussi comme un creux, ou un détour qui prend mal sur la fin, celui de la judiciarisation de l’affaire si on peut dire. Laisser Dietrich pour morte alors qu’on la sent si engagée à gommer jusque-là tout ce qui pourrait rester d’accent allemand, c’en est bien triste, et on se sent comme orphelin, laissés avec ce qui n’est devenu qu’un vulgaire connard. Y a quelque chose là encore qui prend jamais : les remords de Gabin. On l’imagine déjà mal jaloux au point de tuer sa belle, mais jouer les filous et culpabiliser sur le tard, c’est pas trop dans le registre du bonhomme. Suffit parfois d’un plan pour remedier à ça, mais Lacombe ne semble être bon qu’à suivre une partition dictée pour lui par des lignes de dialogues et des situations romancées.

En revanche l’interprétation est remarquable. Peut-être trop justement, car à force de chercher à être juste, nature, simple, on passe à côté de la situation, de la logique de mise sous tension d’une intrigue. Dans un cinéma naturaliste pourquoi pas, mais justement là, on est dans autre chose, d’un peu baroque certes, passant de la romance au film de prétoire, mais pas grand-chose à voir avec un petit réalisme à La Belle Équipe (dont le finale « fait divertissant » souffrait justement déjà d’un mélange de genres impossible et tournait là encore à l’impasse). Faut voir Dietrich en français pour voir son talent, et ce malgré un haut de visage dessiné à la Playmobil.

Joan the Woman, Cecil B DeMille (1916)

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La Poupée de bambou d’Echizen, Kôzaburô Yoshimura (1963)

Une poupée en bambou du père offerte à sa maîtresse, un fils qui se marie avec la maîtresse de son père, des poupées en forme de phallus multipliées comme des petits pains, un mari qui refuse d’avoir des rapports sexuels avec sa femme, une femme qui tombe enceinte suite à un viol, et un fœtus pas plus grand qu’une poupée de bambou qui se perd dans les eaux d’une rivière… La force des symboles.

Les Eaux noires, Youssef Chahine (1956)

Quand deux jeunes génies se rencontrent… ils dansent comme euphoriques et certains de se trouver enfin face à un talent égal au leur. Le reste du monde semble passer au second plan. Et là, la caméra de Youssef Chahine virevolte autour d’un Omar “El” Sharif hanté par la jalousie, presque halluciné, d’une autorité remarquable.

Les Eaux noires, c’est comme Othello à Alexandrie, entre film noir et mélo, une tragédie condensée sur à peine deux jours, le temps d’une escale à la maison, et de foutre un merdier pas possible.

Comme une saveur de Guru Dutt. Et pour moi peut-être, mon Chahine préféré.

Au grand balcon, Henri Decoin (1949)

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La Femme sur la plage, Jean Renoir (1947)

Dans Laura, on se rinçait l’œil devant le portrait de Gene Tierney avant de la voir enfin. Ici on évoque une fois un nu de Joan Bennett qu’on ne verra jamais. Renoir fils se dégonfle : le film était là, nulle part ailleurs. Parce que sinon, deux nigauds, un aveugle et un officier souffrant du syndrome post-traumatique qui s’étripent pour gagner les faveurs d’une mante religieuse, non merci.

Un drame au studio, Anthony Asquith (1928)

Au royaume des travellings dans la profondeur, Asquith est roi. Il faut bien ça pour dévoiler habylement les coulisses d’un tournage.

(Musique Arte assommante ne respectant pas le rythme lent du finale…)

Le Caporal épinglé, Jean Renoir (1962)

Tire-au-flanc + La Grande Illusion + Le Passage du Rhin + Au théâtre ce soir. Entre individualisme et anarchisme, Renoir n’a foi qu’en l’amitié. Superbes acteurs.

La même année qu’Un singe en hiver, Renoir nous pousse lui aussi la chansonnette d’avant-guerre, Nuit de Chine. Y a de ces coïncidences.

Face à Face, Ingmar Bergman (1971)

À votre prochaine tentative de suicide ratée exigez qu’Ingmar Bergman vienne à votre chevet vous raconter quelques histoires pour égayer votre réveil. Éventuels effets secondaires passagers : folie et hallucinations.

Autrement la marque du génie : l’alliance du tragique et du comique.

Le Lien, Ingmar Bergman (1971)

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Sois belle et tais-toi, Delphine Seyrig (1981)

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Toutes ses femmes, Ingmar Bergman (1964)

D’habitude brillant, Bergman s’essaie sept fois au coloré. 7 femmes. Sept fois de trop.

Les Garçons sauvages, Bertrand Mandico (2018)

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De l’autre côté du vent, Orson Welles, Jake Hannaford et Oja Kodar (2018)

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Les Trois Chambres de la mélancolie, Pirjo Honkasalo (2004)

Passe l’arme à gauche d’abord… Documentaire sans paroles ou presque, la musique dit l’essentiel. Et les images aussi. Un travail de montage impressionnant. Un petit côté Akermann, lancinant, répétitif. La contemplation d’un désastre et de ses résidus éparses de vie, la Russie en somme (face surtout à son nouveau démon, le terrorisme).

La Rue chaude, Edward Dmytryk (1962)

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Au seuil de la vie, Ingmar Bergman (1958)

Au moment d’adapter le scénario, Bergman m’appelle pour me demander de lui proposer un titre à son film. Il ne retient pas mon « Les Avortons », et se retrouve avec ce titre… parfait.

C’est typiquement du Bergman. Théâtral donc bavard, structuré autour de trois histoires de femmes. Mais ce n’est pas du Bergman, le cinéaste se « contentant » de mettre cette pièce en images. Sa direction d’acteurs est hors du commun…

Le Visage, Ingmar Bergman (1958)

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Cat Ballou, Elliot Silverstein (1964)

Selon Sergio Leone, Lee Marvin aurait refusé une première proposition du cinéaste pour tourner dans ce western loufoque et misérable. Il a probablement eu raison, parce qu’il est encore la seule réjouissance identifiable dans tout ce désastre. Il fait du Tex Avery peut-être mais quelle performance. Un ivrogne, comme d’habitude, mais ses pitreries et ses performances physiques valent le coup d’œil. Sa transformation filmée comme un cérémonial tauromachique est très réussie.

Les Sept Femmes de Barbe-Rousse, Stanley Donen (1954)

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Pink Flamingos, John Waters (1972)

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Réalité, Quentin Dupieux (2014)

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Pieds nus dans le parc (1967)

Qualité américaine : du théâtre filmé à grand frais de Technicolor, de playback, de musique et de stars. Ça donne envie de s’envoyer un grand bol de LSD et de partir sur les routes. Un rôle au moins pour Jane Fonda (pour une fois que son partenaire, Robert Redford, se trouve éclipsé par le partenaire de jeu habituel de l’actrice : un téléphone, encore un).

Julia, Fred Zinnemann (1977)

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M. Butterfly, David Cronenberg (1993)

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Une leçon d’amour, Ingmar Bergman (1954)

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L’Attente des femmes, Ingmar Bergman (1952)

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Un génie, deux associés, une cloche, Damiano Damiani (1975)

Quand y a plus Personne à l’écran, reste une certaine poudre aux yeux et c’est de l’or. Dialogues brillants. On dit Merci. (Aussi baroque et picaresque que Le Mercenaire.)

Un jouet dangereux, Giuliano Montaldo (1979)

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Tout en haut du monde, Rémi Chayé (2015)

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Les jeux sont faits, Jean Delannoy (1947)

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Saraband, Ingmar Bergman (2003)

Vieillir pour certains cinéastes, ça consiste à construire des maisons de poupées. L’écriture arthritique et à bout de souffle de Bergman fait peine à voir.

L’Amour l’après-midi, Eric Rohmer

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La Victoire des ailes (ou Le Triomphe des ailes), Satsuo Yamamoto (1942)

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Le Col du grand Bouddha (première partie), Hiroshi Inagaki (1935)

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From the Journal of Jean Seberg, Mark Rappaport (1995)

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Chocolat et Soldats, Takeshi Sato (1938)

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La Fille de l’usine à briques, Yasuki Chiba (1940)

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Nuits de Chine, Osamu Fushimizu (1940)

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Les Quarante-Sept Ronins, Masahiro Makino & Tomiyasu Ikeda (1938)

Cette histoire est toujours aussi peu emballante et toujours aussi incompréhensible, et c’est pas faute de m’être déjà farci les 46 autres versions… On a affaire en fait ici à deux films réunis en un seul (par la Cinémathèque) avec pour chaque partie un réalisateur distinct. Ça n’aide pas à y voir plus clair de toute façon. Toujours aussi affreusement bavard. Petite originalité pour cet opus, on sort enfin les armes à la toute fin (enfin pas beaucoup mais plus que dans les autres).

La Bataille navale à Hawaï et au large de la MalaisieKajirô Yamamoto (1942)

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Le Jeune Homme capricieux, Mansaku Itami (1935)

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Paï, Niki Caro (2002)

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L’Armée, Keisuke Kinoshita (1944)

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Les Cinq Éclaireurs, Tomotaka Tasaka (1938)

Soldats de plomb… Si techniquement, c’est pas si mal pour 1938 (c’est à la fois propre et inventif), la propagande militariste est imbuvable (héroïsme sans faille des dits éclaireurs, bienveillance démesurée des officiers, discours faisant passer les agresseurs pour des agressés ou des faiseurs de paix).

Ma mère dans les paupières (Banba no chutaro mabuta no haha), Hiroshi Inagaki (1931)

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Carnets de route de Chuji, Daisuke Ito (1927)

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Coralie, Henry Selick (2009)

Mouais… Alice au pays des vagins bleus. Ni effrayant ni amusant ni divertissant. Toute la famille est antipathique, la petite fille avec son obstination à se forger une apparence « originale » est affligeante (« Personne n’aura des gants comme ça à l’école ! »…). Le reste est… cousu de fil blanc, l’originalité il faut la chercher au-delà des limites du monde tel que l’a imaginé la sorcière, autrement dit nulle part. Ça fait un peu du sur place à rester toujours dans le même espace. Et l’animation est à vomir. (Superbe salle à la tek : entre les couples de porcs bouffant chips sur chips à 15h alors qu’il est interdit de béqueter en salle et les mômes de cinq ans apeurés alors que le film est manifestement déconseillé aux tout petits, y avait personne mais encore une de ces séances jeune public rendue pénible par les adultes).

Monika, Ingmar Bergman (1953)

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Le Sabre pourfendeur d’hommes et de chevaux, Daisuke Ito (1929)

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Mon épouse et la voisine, Heinosuke Gosho (1931)

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Le Policier, Tomu Uchida (1933)

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Rêves de femmes, Ingmar Bergman (1955)

Une saveur qui n’est pas sans rappeler les films de Fassbinder. Le croisement de deux destins, celui d’une photographe de mode et son modèle, concentrés en quelques heures. Une entrée en matière admirable, pleine de tension et d’humour. L’humour d’ailleurs qu’on retrouve jusqu’à la fin avec le retour inattendu de l’amant dans la scène clé du film (du côté de la photographe)… Bergman semblait avoir assuré le coup en proposant cette fin avec un plan venant après un long plan séquence intense et bavard (plus facile à couper si l’humour ne marchait pas).

Musique dans les ténèbres, Ingmar Bergman (1947)

Mélo aveugle avec l’acteur fétiche du début de carrière de Bergman. L’aveugle qui avait refusé de se lier avec sa petite « aide à domicile », alors jeune, idiote mais amoureuse, viendra finalement la séduire quand lui sera tombé un peu plus de l’échelle sociale, et elle, plus mûre… C’est idiot, mais c’est Bergman, et l’exécution est sans faille : placement de caméra, rythme, direction d’acteurs, c’est déjà parfait.

Courant chaud, Yoshimura (1939)

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Les affaires sont les affaires, Dréville (1942)

Charles Vanel est formidable en entrepreneur et en père tyrannique, mais le film ne fait qu’effleurer les choses. L’air du temps sans doute, il faut que ça reste léger. On croirait presque voir un David Golder à l’envers, la même incompréhension entre un père riche, sa femme et sa fille. Renée Devilliers est magnifique mais pas aussi bien dirigée qu’elle le sera dans Les amoureux sont seuls au monde.

Pousse-toi chérie, Mickael Gordon (1963)

Remake de Mon épouse favorite (1940, Garson Kanin). La distribution fait peine à voir face à l’original (James Garner pour Cary Grant, Doris Day vieillissante face à Irene Dunne). Quelques trouvailles quand on s’écarte du scénario original, mais voilà, c’est les années 60 flamboyantes, crépusculaires presque, et la comédie romantique américaine de l’âge d’or est bien loin.

Lune de miel mouvementée, Leo McCarey (1942)

Décevant. J’ai cet opus dans mes carnets depuis vingt ans, je m’attendais à mieux. Certes, on pourrait presque y trouver un intérêt historique, le film prenant place dans toute l’Europe en guerre quand les USA ne l’étaient pas encore, mais c’est grossier, mal fichu et rarement drôle malgré la présence de Ginger Rogers et de Cary Grant.

La Nuit des forains, Ingmar Bergman (1952)

Je peux comprendre que Bergman ait une faiblesse et un intérêt enfantin pour les lanternes magiques, et par conséquent l’univers du cirque dans son ensemble, mais cet intérêt il peine à me le faire partager ici. C’est comme s’il n’y croyait pas lui-même. Difficile de s’identifier à tous ces personnages de cirque excentriques, sans cesse sur la corde raide, ses seuls personnages intéressants comme d’habitude sont les femmes et les bourgeoises. La présence seule d’Harriet Andersson sauve le film et elle n’y est même pas au centre (elle y est bien plus belle que dans Monika…).

Vers la joie, Ingmar Bergman (1950)

Peut-être pas aussi abouti que Jeux d’été disposant des mêmes acteurs, mais dans les petits drames de couple Bergman est toujours très bon. Il le serait plus s’il se concentrait sur les personnages féminins comme il le fera plus tard. Seul réconfort masculin, la présence de Sjostrom (plus de trente ans déjà devant la caméra et toujours ce charme rieur à la Gassman).

Jeux d’été, Ingmar Bergman (1951)

C’est frais, c’est beau, c’est du Bergman… Faut donc bien aussi que ça finisse en tragédie. Sans tragédie, pas de souvenirs ou presque. Et ces premiers Bergman orbite beaucoup autour de l’idée et des possibilités offertes par ces souvenirs. Le génie ici est de tuer son personnage masculin principal, nous laissant le plus souvent au bras de son héroïne et en en adoptant le point de vue.

Les amoureux sont seuls au monde, Henri Decoin (1948)

Le génie de Jeanson en dialoguiste. Record du monde d’aphorismes à la minute (le titre en est un également…). Le film prend peut-être un tour inutilement dramatique à la fin, avec des personnages principaux se laissant un peu trop facilement tenter et sans détours à ce dont on pouvait les soupçonner jusque-là (la femme dévouée, un peu trop dévouée, le mari toujours fidèle un peu trop facilement épris de sa protégée), mais le reste c’est de l’or.

The Blot, Lois Weber (1921)

La technique de Lois Weber est toujours irréprochable, maniant à cette époque peut-être mieux que personne le montage alterné et le placement de caméra. Le tout dans un style résolument réaliste, tendance mélodramatique de part le sujet peut-être, mais réaliste. C’est le classicisme avec sa recherche permanente de l’efficacité, de la transparence et de l’identification, donc du spectacle, qui se peaufine ici en même temps qu’on le pratique chez les Scandinaves par exemple.

 

Elle et Lui, Leo McCarey (1939 & 1957)

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Pour une nuit d’amour, Edmond T. Gréville (1947)

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La Jeune Fille de l’eau, Night Shyamalan (2006)

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Adieu Chérie, Raymond Bernard (1946)

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The Square, Ruben Östlund (2017)

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Chantage, Alfred Hitchcock (1929)

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Le Baron fantôme, Serge de Poligny (1943)

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Carré 35, Eric Caravaca (2017)

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Trois excellents McCarey avec Charley Chase :

Charlie rate son mariage, Looking for Sally, Should Husbands Be Watched? Tous en binôme avec l’actrice éphémère Katherine Grant.

A Girl at My Door, July Jung (2013)

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Oasis, Lee Chang-dong(2002)

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La Pointe courte, Agnès Varda (1955)

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