Notes de visionnage 2019

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Mai – août 2019

Violeta, Andès Wood (2011)

Récit indigeste qui relève plus de la bande-annonce permanente que de la biographie. Personnage insupportable.

Une femme fantastique, Sebastián Lelio (2017)

Autre portrait de femme après celui beaucoup moins bien réussi de Gloria. Lelio reproduit un peu les mêmes facilités techniques pour construire son film (saupoudrage de séquences courtes articulées en ellipses), et même si c’est pas forcément toujours bien conçu (on ressent une certaine vacuité à suivre à la longue une situation qui ne se propose guère plus que d’effleurer les choses par crainte de trop en faire), celui-ci change de mon côté grâce à l’interprète principal. Si l’actrice de Gloria me faisait un peu trop penser à Dustin Hoffman dans Tootsie (à croire que Lelio ne fait que des films queers), celle qui joue ici est non seulement très convaincante (Lelio en rencontrant Daniela Vega a vite compris qu’elle pouvait être un sujet à elle seule de film et il explique n’avoir cessé de se rapprocher d’elle jusqu’à lui proposer au final le rôle principal) mais surtout, elle me paraît moins antipathique que Gloria. Cette dernière cherche l’amour et doit gérer un amoureux pour le moins casse-pieds (lui aussi) ; rien de bien passionnant ou d’original là-dedans et à la longue, ça agace. Alors que Marina vit quelque chose de bien plus critique et de conflictuel : son bonhomme vient de lui claquer entre les doigts et elle doit composer avec une belle famille où elle n’est pas franchement la bienvenue.

La grande réussite du film se joue justement là. Ce qui est une situation extra-ordinaire pour des personnages ordinaires se change avec la nature même du personnage en une situation extraordinaire pour un personnage extraordinaire. Marina est trans, on le comprend petit à petit, et cela est révélé peu à peu, et le tour de force du film c’est de nous mettre face à nos propres préjugés trans avec doigté. Rien de plus normal au début, et puis on apprend qu’elle n’est pas bien vue par certains membres de la famille de son homme, on se questionne, et ce qu’on pensait être la normalité se trans-forme en quelque chose de plus perturbant. Sauf que la perturbation vient de ces personnages, même si on comprend, puisqu’on a goûté à la normalité d’une relation trans, on n’y voit rien à y redire. Comme le dit Lelio, son film, c’est un peu de la science-fiction, parce qu’il arrive à nous faire croire ce qui n’existe pas. Mais en nous montrant cette irréalité, on en appréhende la réalité non fictive, les possibilités, les implications, et on l’accepte naturellement.

Au-delà de ce simple aspect, ça reste un cinéma aux ambitions limitées. On croirait presque parfois voir un film Arte allemand. Toujours dans le sens de la vague, et de préférence, rester bien au chaud dans le creux de celle-ci. La peur de l’audace, de la singularité, vues presque comme des monstruosités, des indélicatesses. Tout doit être fade pour ne pas chahuter l’ordre des choses… Eh bien, au moins on n’y échappe un peu ici. Grâce à une interprète.

Parasite, Bong Joon-ho (2019)

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La Chasse aux papillons, Iotar, Iosseliani (1992)

Film d’un tatinophile un peu trop averti : la référence, ou l’hommage, est un peu trop appuyé, surtout au niveau de la sonorisation des dialogues qui sonnent comme des piaillements d’oiseaux. L’histoire n’a aucun intérêt avoué, il faut se rattacher au cocasse de chaque séquence, et un peu comme chez Tati, il faut se satisfaire de ça. L’exercice ne m’intéresse déjà pas beaucoup chez le Français, alors un imitateur ne fait pas beaucoup plus l’affaire. L’humour anti-japonais peut amuser au début, et puis ça devient peut-être un peu trop insistant voire gênant (on n’échappe plus à tous les clichés sur les Asiatiques — même si je comprends bien qu’il pratique la même dérision caricaturale avec les Russes, ben on rit un peu jaune).

Personal Shoppers, Olivier Assayas (2016)

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Douleur et Gloire, Pedro Almodovar (2019)

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Humoresque, Jean Negulesco (1946)

Rarement on aura vu un duo de stars aussi bien éclipsé par une partition musicale (Isaac Stern au violon et sans doute pas pour rien dans les choix musicaux assurant une dynamique folle et des morceaux mettant à l’honneur sa virtuosité – toutes les autres films avec des violons paraissent d’un coup ronronnants et fades) et un second rôle (Oscar Levant en génial contrepoint comique dont chaque réplique pleine de cynisme éclairé vole à chaque fois la vedette à ses partenaires ; sans compter qu’il joue également sa propre partition au piano).

Le scénario n’a rien de bien original, mais toute la saveur du film réside dans la puissance de ces à-côtés. Le reste est de facture plutôt classique avec quelques éléments noirs, il annonce presque Sang et Or, une réplique suggérant à l’attention de John Garfield qu’il a plus l’allure d’un boxeur que d’un violoniste.

Rester vertical, Alain Guiraudie (2016)

Quand la savonnette t’échappe au milieu d’une meute de loups…

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Rose-France, Marcel L’Herbier (1919)

Roman-photo impressionniste sans grand génie.

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Sadie McKee, Clarence Brown (1934)

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Wrong, Quentin Dupieux (2012)

L’absurde a toujours raison, c’est bien pourquoi on renonce toujours à lui faire confiance… La logique du contre-pied permanent a ses limites. Dupieux fait toujours le même film et a comme facilité toujours de ne pas à avoir à se soucier de cohérence. Comme dans un rêve ou dans n’importe quelle pseudo-science basant sa logique sur des corrélations ou des coïncidences, un film de Dupieux tend à créer une logique qui, d’avance, vu le principe d’absurdité vite établi, s’effondre. Certaines scènes valent pour elles-mêmes, c’est parfois drôle, attachant, mais le plus souvent c’est un cinéma dans lequel c’est la queue qui remue le chien. Intriguant au début jusqu’à ce qu’on comprenne la logique circulaire dont on ne voit jamais le bout.

Mademoiselle, Park Chan-wook (2016)

Partagé. Je me suis réellement réveillé au moment du twist à la fin de la première partie. Un électro-choc, ça réveille toujours, mais la réanimation est souvent douloureuse par la suite. Je me suis laissé bercé encore quelques minutes, peut-être pendant toute la seconde partie, et puis le soufflé retombé, les effets de Park lasse un peu.

Il faut cependant reconnaître un certain plaisir lié à la richesse des décors. Le montage ne nous laisse pas suffisamment le temps d’en profiter, mais on voyage, et c’est peut-être ce que cherche à faire avant tout ce genre de films.

Ce vieux garçon qu’est désormais Park Chan-wook apprendra sans doute un jour à faire plus dans la subtilité, se plaira peut-être à se situer entre les lignes plutôt qu’à les surligner, et là ça deviendra franchement passionnant.

Rien n’est trop beau, Jean Negulesco (1959)

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Souvent femme varie, W.S. Van Dyke (1934)

Triangle amoureux entre amis d’enfance, amours cachés puis révélés. Jeu de chaises musicales trépidant et bonnes notes screwball. Du plaisir.

Dommage de ne pas avoir vu Joan Crawford plus impliquée par la suite dans les comédies : elle est lumineuse, et l’obligation sans doute d’aller vite et à l’essentiel dans son jeu, l’empêche de tomber dans certains excès qui la caractérise dans ses performances plus dramatiques.

Y a du beau monde : Joseph L. Mankiewicz à l’adaptation (on pourrait suspecter que la mise en parallèle entre les deux séquences de mariage raté, au début à et à la fin du film, puisse lui être imputé, son goût pour la sophistication oblige…) ; Gregg Toland à l’image ; Cedric Gibbons à la direction artistique (la patte MGM) ; ainsi que Van Dyke l’année de L’Introuvable.

Green Book, Peter Farrelly (2018)

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Us, Jordan Peele (2019)

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