Notes de visionnage 2019

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Mai – août 2019

Vautrin, Pierre Billon (1943)

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L’Inconnu du lac, Alain Guiraudie (2013)

Deux parties : “Emmanuel” (sorte de Rohmer sans Arielle Dumbale) et « Jack l’éventreur », bien plus passionnante. Mais globalement assez inoffensif, on pourrait même se demander si le film perdrait tout son sel si on changeait les homos pour des nudistes hétéros.

Jason Bourne : l’héritage, Tony Gilroy (2012)

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The Conjuring, James Wan (2013)

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Mustang, Deniz Gamze Ergüven (2015)

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The Ballad of Buster Scruggs, les frères Coen (2018)

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Headhunters, Morten Tyldum (2011)

Facétie capillaire. Un déroulement des plus extravagants avec une cascade d’invraisemblances, mais globalement plaisant et rafraîchissant. Taglines : Ne vendez pas la mèche !

A Single Man, Tom Ford (2009)

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Forgotten, Jang Hang-jun (2017)

Plaisant, jusqu’aux revirements abracadabrantesques successifs (le premier étant particulièrement spectaculaire), et ce jusqu’à la dernière seconde : il faut imaginer la fin sanglante d’Hamlet à laquelle on ajoute artificiellement un happy end. On y croit.

Office, Hong Won-chan (2015)

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Love, Gaspar Noé (2015)

Noé se rêve en Kubrick lubrique mais ne sait travailler depuis vingt ans que les Nuances de rouge…

On aurait presque l’impression que le garçon ne cesse de refaire sa version ultra-vulgaire et sexualisée de Eyes Wide Shut. Du sexe, de la drogue, des personnages insupportables, et une histoire d’amour (ou de sexe, mais pour Noé, c’est la même chose manifestement) qui tourne en rond à n’en plus finir.

Ça pourrait ressembler à du Godard si Noé avait le moindre génie, mais même le sens de l’aphorisme de Godard, lançant des vérités molles toutes les secondes, Noé en est incapable. Rien que des répliques d’une banalité affligeante. Le pire dans tout ça, c’est encore l’habituelle vulgarité du bonhomme. Et il doit penser ça follement subversif.

Midsommar, Ari Aster (2019)

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Les Étoiles vagabondes, de-sur-par-avec-sous Nekfeu (2019)

Explosion d’une superneurone de rappeur, et soudain, tout devient très lumineux.

Sérieusement, c’est du Ichiban Japan (que j’apprécie par ailleurs) l’humour et le petit côté didactique en moins (reste plus rien, c’est le principe du concept je crois).

Mudbound, Dee Rees (2017)

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The Lobster, Yorgos Lanthimos (2015)

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Le Gangster, le Flic et l’Assassin, Lee Won-tae (2019)

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American Sniper, Clint Eastwood (2014)

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Jurassic World (2015)

L’égalité des sexes qui fait un bond de 200 millions d’années en arrière… Et un T-Rex qui finit végan en crachant sur un dernier dîner… OK, lamentable.

World War Z, Marc Foster (2013)

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Inherent Vice, Paul Thomas Anderson (2014)

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Man of Steel & Batman v Superman (2013 & 2016)

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Spotlight (2015)

Du bon cinéma à l’ancienne, honorant ce que les États-Unis ont toujours fait de mieux (côtoyant le pire) : la presse, en particulier avec leurs cellules d’investigation. Ça donne des films très immersifs comme Les Hommes du président ou Zodiac, où on ne comprend pas forcément ce qu’on nous raconte, mais où des petits futés s’agitent pour nous montrer combien c’est super excitant qu’un rapport judiciaire vienne d’être rendu public… « Ah, bon, c’est important ?! Courons, courons au tribunal ! » Tout autant excitant de voir un journaliste lâcher sa paie hebdomadaire à un employé de bibliothèque pour le convaincre d’utiliser sa photocopieuse… Le plus drôle, c’est ce qu’on peut voir également assez souvent dans des films de super-héros (qui adorent jouer avec l’ironie de la chose) ; et voir un tel film de nos jours quand les écrans sont remplis d’images travaillées numériquement et de super-héros, ben ça fait du bien. Je n’en veux même pas à Michael Keaton de zozoter quand il semble avoir pris à l’insu de la production un ou deux verres de trop.

Mr. Nobody, Jaco van Dormeur (2009)

Il faut sans doute louer les efforts et l’ambition (vaine) du film, mais mon Dieu que de jolies images pour pas grand-chose. Le début est assez prometteur, c’est joli, c’est visuellement et narrativement très riche, et puis, on commence à flairer la supercherie. Un canevas sans fin et sans réelle destination, juste une chausse-trappe à l’intérieur de laquelle le réalisateur tente de s’extirper, et, entropie oblige, plus il tente de recoller les morceaux, plus il ajoute du n’importe quoi au n’importe quoi avec l’utopie illusoire qu’en s’agitant ainsi tout finira par trouver sa propre cohérence. Et puis cette sensiblerie est franchement agaçante. Bref, quand on s’emmerde, on s’amuse à créer des titres foireux, alors voilà : The Tri of Life, Le Quantique des quantiques, The Big Crunch, 1 homme, 3 filles, 9 cordes, L’Effet pigeon, Demain Jared de fumée…

The Big Short (2015)

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Room, Lenny Abrahamson (2015)

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I Am Mother (2019)

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Fury, David Ayer (2014)

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Le Fils de Saul, László Nemes (2015)

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Elysium, Neill Blomkamp (2013)

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Edge of Tomorrow, Doug Liman (2014)

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Roma, Alfonso Cuarón (2018)

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RoboCop (2014)

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Into the Inferno, Werner Herzog (2016)

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Casting JonBenet, Kitty Green (2017)

Comment éviter le ratage d’un film infaisable sur un fait divers sordide ? Réponse : montrer les réflexions hasardeuses des acteurs postulant aux rôles. Les Américains ne savent rien faire sans excès. Obligé, en cours, de route de me renseigner sur l’affaire en question. L’intérêt, si comme dans nombre de documentaires traitant d’événements de ce type aux États-Unis (The Thin Blue Line ou Paradise Lost), il est de mettre en scène le doute, l’incompétence quasi intrinsèque des institutions à mettre en pratique « la marche à suivre », alors on peut y trouver ici un peu son compte. Malheureusement, ça se borne essentiellement à montrer les doutes et réflexions parfois stupides d’acteurs se rappelant avoir été spectateurs d’un meurtre resté non-élucidé. Un film de quidam en somme.

Ant-Man, Payton Reed (2015)

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Okja, Bong Joon-Ho (2017)

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Donne-moi tes yeux, Sacha Guitry (1943)

L’art est aveugle, il ramollit pas mal le sens patriotique. Mais Guitry est un génie de la repartie, on lui pardonne. Ou quand les sujets n’ont plus que le verbe comme occupation.

Madame et le Mort, Louis Daquin (1943)

Du Thin Man à la française. Des dialogues merveilleux et des rôles joyeusement inversés. Le cinéma boule de neige de l’occupation (du divertissement hors du temps), mais du bon.
8/10

La Fille qui en savait trop, Mario Bava (1963)

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La Rue des Vikings, Mario Bava (1961)

Assez bluffé par la maîtrise technique de Bava en matière de montage, d’action et même de direction d’acteurs (vu l’extrême hétérogénéité du casting dans ce genre de productions). C’est beaucoup moins ridicule qu’on pourrait le craindre, vu que ça reste finalement et globalement assez réaliste (si on compare à tous les films “historiques” fantaisistes de l’époque, tels que les péplums de Corbucci par exemple, présentés il n’y a pas si longtemps à la Cinémathèque). Seulement si la tenue générale est bonne, on trouve toujours une réplique ou une situation qui fait tout capoter et irrémédiablement sourire.

Rosita, chanteuse des rues, Ernst Lubitsch (1923)

Quelques similitudes avec Paradis défendu qui viendra l’année suivante (commentaire à lire plus bas). Lubitsch changera juste le souverain pour une souveraine, signe peut-être que Lubitsch sentait pouvoir mieux faire après ce premier opus produit par Mary Pickford (et même si les deux films sont issus de deux pièces originales n’ayant probablement aucun rapport). La star attendait peut-être de lui qu’il la mette en scène comme il avait mis en scène Ossi Oswalda, autrement dit dans une veine espiègle qui lui correspondait mieux. Et au lieu de ça, Lubitsch lui donne un rôle plus conforme sans doute à la personnalité de Pola Negri. La Pickford en chanteuse des rues, pourquoi pas, mais la faire glisser peu à peu vers un personnage à la Carmen (peut-être une des premières femmes fatales), guitare sur la cuisse débordant d’une robe olé olé, pas sûr que l’éternelle gamine à l’écran ait apprécié l’expérience. Pourtant les moyens sont là. (Ce personnage a quelques similitudes également avec la Marianne de Marion Davies, transposé dans une France de la Grande Guerre.)

Les Trois Visages de la peur, Mario Bava (1963)

Il n’y a guère que le troisième et dernier sketch qui vaut réellement le coup. Le premier avec Michèle Mercier est principalement décoratif (le huis clos échoue assez rapidement à monter en intensité, faute peut-être à une entrée en matière trop rapide : ça commence fort avec les menaces, et les explications ne tardent pas à apparaître). Le second est une fantaisie laborieuse qui semble n’avoir été l’occasion que de faire tourner Boris Karloff. Enfin le troisième est un étonnant mélange d’épisodes d’Hitchcock présente, de La Quatrième Dimension et des Contes de la crypte : le genre d’objets qui s’attaque à notre inconscient (et à nos petites superstitions) et qu’il faut éviter de montrer à de jeunes spectateurs.

Violeta, Andès Wood (2011)

Récit indigeste qui relève plus de la bande-annonce permanente que de la biographie. Personnage insupportable.

Une femme fantastique, Sebastián Lelio (2017)

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Parasite, Bong Joon-ho (2019)

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La Chasse aux papillons, Iotar, Iosseliani (1992)

Film d’un tatinophile un peu trop averti : la référence, ou l’hommage, est un tantinet appuyé, surtout au niveau de la sonorisation des dialogues qui sonnent comme des piaillements d’oiseaux. L’histoire n’a aucun intérêt avoué, il faut se rattacher au cocasse de chaque séquence, et un peu comme chez Tati, il faut se satisfaire de ça. L’exercice ne m’intéresse déjà pas beaucoup chez le Français, alors un imitateur ne fait pas beaucoup plus l’affaire. L’humour anti-japonais peut amuser au début, et puis ça devient peut-être un peu trop insistant voire gênant (on n’échappe plus à tous les clichés sur les Asiatiques — même si je comprends bien qu’il pratique la même dérision caricaturale avec les Russes, ben on rit un peu jaune).

Personal Shoppers, Olivier Assayas (2016)

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Douleur et Gloire, Pedro Almodovar (2019)

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Humoresque, Jean Negulesco (1946)

Rarement on aura vu un duo de stars aussi bien éclipsé par une partition musicale (Isaac Stern au violon et sans doute pas pour rien dans les choix musicaux assurant une dynamique folle et des morceaux mettant à l’honneur sa virtuosité – toutes les autres films avec des violons paraissent d’un coup ronronnants et fades) et un second rôle (Oscar Levant en génial contrepoint comique dont chaque réplique pleine de cynisme éclairé vole à chaque fois la vedette à ses partenaires ; sans compter qu’il joue également sa propre partition au piano).

Le scénario n’a rien de bien original, mais toute la saveur du film réside dans la puissance de ces à-côtés. Le reste est de facture plutôt classique avec quelques éléments noirs, il annonce presque Sang et Or, une réplique suggérant à l’attention de John Garfield qu’il a plus l’allure d’un boxeur que d’un violoniste.

Rester vertical, Alain Guiraudie (2016)

Quand la savonnette t’échappe au milieu d’une meute de loups…

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Rose-France, Marcel L’Herbier (1919)

Roman-photo impressionniste sans grand génie.

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Sadie McKee, Clarence Brown (1934)

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Wrong, Quentin Dupieux (2012)

L’absurde a toujours raison, c’est bien pourquoi on renonce toujours à lui faire confiance… La logique du contre-pied permanent a ses limites. Dupieux fait toujours le même film et a comme facilité toujours de ne pas à avoir à se soucier de cohérence. Comme dans un rêve ou dans n’importe quelle pseudo-science basant sa logique sur des corrélations ou des coïncidences, un film de Dupieux tend à créer une logique qui, d’avance, vu le principe d’absurdité vite établi, s’effondre. Certaines scènes valent pour elles-mêmes, c’est parfois drôle, attachant, mais le plus souvent c’est un cinéma dans lequel c’est la queue qui remue le chien. Intriguant au début jusqu’à ce qu’on comprenne la logique circulaire dont on ne voit jamais le bout.

Mademoiselle, Park Chan-wook (2016)

Partagé. Je me suis réellement réveillé au moment du twist à la fin de la première partie. Un électro-choc, ça réveille toujours, mais la réanimation est souvent douloureuse par la suite. Je me suis laissé bercé encore quelques minutes, peut-être pendant toute la seconde partie, et puis le soufflé retombé, les effets de Park lasse un peu.

Il faut cependant reconnaître un certain plaisir lié à la richesse des décors. Le montage ne nous laisse pas suffisamment le temps d’en profiter, mais on voyage, et c’est peut-être ce que cherche à faire avant tout ce genre de films.

Ce vieux garçon qu’est désormais Park Chan-wook apprendra sans doute un jour à faire plus dans la subtilité, se plaira peut-être à se situer entre les lignes plutôt qu’à les surligner, et là ça deviendra franchement passionnant.

Rien n’est trop beau, Jean Negulesco (1959)

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Souvent femme varie, W.S. Van Dyke (1934)

Triangle amoureux entre amis d’enfance, amours cachés puis révélés. Jeu de chaises musicales trépidant et bonnes notes screwball. Du plaisir.

Dommage de ne pas avoir vu Joan Crawford plus impliquée par la suite dans les comédies : elle est lumineuse, et l’obligation sans doute d’aller vite et à l’essentiel dans son jeu, l’empêche de tomber dans certains excès qui la caractérise dans ses performances plus dramatiques.

Y a du beau monde : Joseph L. Mankiewicz à l’adaptation (on pourrait suspecter que la mise en parallèle entre les deux séquences de mariage raté, au début à et à la fin du film, puisse lui être imputé, son goût pour la sophistication oblige…) ; Gregg Toland à l’image ; Cedric Gibbons à la direction artistique (la patte MGM) ; ainsi que Van Dyke l’année de L’Introuvable.

Green Book, Peter Farrelly (2018)

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Us, Jordan Peele (2019)

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