Rappel des règles typographiques pour les titres d’œuvres

Certaines règles sont simples et admises par tous (encore faut-il les connaître), mais là où ça devient délicat, c’est quand certaines sources n’évoquent pas les cas particuliers ou rares, ou que les usages s’opposent.

Pour ce qui fait consensus :
  • Avec un article défini (le, les, la), la majuscule va au substantif :

Les Misérables, Les Démons, Les Sœurs, Les Soldats…

Note : selon Jean-Pierre Lacroux dans Orthotypo, il faudrait une minuscule à l’article, celui-ci pouvant être tronqué. Par exemple quand il est question du Malade imaginaire (et non « quand il est question de Le Malade imaginaire »). Du reste on indexe bien les œuvres non pas en fonction de leur article initial (défini) mais du premier terme capitalisé (qu’il soit ou non substantif) suivant l’article. Cette règle prend en fait tout son sens quand on cite un titre à l’intérieur d’une phrase et qu’on utilise l’italique (il écrira : « les Misérables », mais « dans ses Misérables, Hugo… »).

  • Avec un article défini (le, les, la), adjectifs et adverbes prennent une majuscule jusqu’au substantif :

Le Petit Soldat, Le Tout Petit Soldat, Le Tout Nouveau Testament, Les Trois Sœurs, Les Trois Mousquetaires, Les Dix Petits Nègres, Les Cent Cavaliers, Les Deux Camarades, Les Mille et Une Nuits, Les Quatre Cents Coups, La Double Vie de Véronique, Les Plus Belles Années de notre vie

  • Quand deux substantifs se font face (symétrie), il faut mettre des majuscules à chacun de ces termes :

La Sœur et le Soldat, Le Rouge et le Noir, La Belle et la Bête

  • Avec un article indéfini (un, de, des, du) ou un adjectif possessif (tes, mes, mon), seul celui-ci prend une majuscule :

Une sœur, Des soldats, Des hommes et des dieux, Du côté de chez Swann, Du rififi chez les hommes, De beaux lendemains, Mes universités, Ma mère

  • Si le titre compose une phrase verbale, seul le premier terme prend une majuscule :

La vie est belle, J’ai vingt ans, Il était une fois dans l’Ouest, Le train sifflera trois fois

Pour les points les plus discutables (et dont l’usage est alors très variable) :
  • Si le titre est une phrase nominale (le plus souvent une proposition relative), on capitalise jusqu’au premier substantif :

L’Espion qui venait du froid, L’Homme qui rit, Les Hommes qui marchèrent sur la queue du tigre

  • Sans article, avec un titre composé d’un adjectif et d’un substantif (l’adjectif étant placé devant), prévoir une majuscule à l’adjectif et au substantif :

Tristes Tropiques, Deux Camarades, Trois Sœurs, Trois Contes

Note : À l’usage la capitale sur le substantif tend à disparaître, mais les préconisations de Lacroux semblent plus logiques.

  • Sans article, avec un titre composé de plus de deux éléments, là encore et selon le même principe, on capitalise jusqu’au substantif :

Trois Sœurs au cœur pur, Cent Ans de solitude, Vingt Ans après, Dernier Train pour Busan, Triple Assassinat dans le Suffolk, Double Assassinat dans la rue Morgue, Vingt Mille Lieues sous les mers

Note : Lacroux reste donc dans sa logique, mais souvent à l’usage on peut voir : Vint mille lieues sous les mers ou Vingt ans après.

  • Si le titre est un mot composé, chacun des éléments prend une majuscule (méthode Lacroux) :

Week-End à Zuydcoote, Les Faux-Monnayeurs, Pique-Nique à Hanging Rock, Bel-Ami…


Pour les titres anglais, tous les termes prennent une capitale sauf les prépositions et les conjonctions.

Pour les titres en italien, seule la première lettre prend une majuscule (à vérifier, trouvé une seule source).


Sources :

Jean-Pierre Lacroux : http://www.orthotypographie.fr/volume-II/telegramme-troncation.html

Québec : http://www.axl.cefan.ulaval.ca/monde/regles-2TITRES.htm

Les deux manuels faisant autorités sont assez évasifs et n’abordent pas tous les cas de figure : Lexique des règles typographiques en usage à l’Imprimerie nationale, et Le Bon Usage, de Maurice Grevisse.

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