Vautrin, Pierre Billon (1943)

Vautrin

VautrinAnnée : 1943

7/10 iCM IMDb

Vu le : 30 août 2019

Réalisation :

Pierre Billon


Avec :

Michel Simon, Madeleine Sologne, Renée Albouy


Listes :

Une histoire du cinéma français

Adaptation assez inégale de Balzac avec Michel Simon dans le rôle titre.

Un gros coup de mou se fait ressentir à l’heure où, habituellement, on croit voir apparaître le générique de fin : après le suicide de la belle, tout le monde se fait attraper, et on croit que c’est fini. Le meilleur vient pourtant dans ces dernières minutes où on sent l’incroyable cynisme de Balzac (ou d’un autre) dénonçant les petits accords entre gens de la haute (qu’on parle de l’aristocratie ou de la bourgeoisie).

Il y a un moment fabuleux, par exemple, où un juge d’instruction annonce fièrement à sa femme que le procureur général lui a promis un avancement en échange d’un non-lieu ; à quoi réplique aussitôt sa femme en lui disant qu’elle venait justement d’avoir une autre proposition de la part du garde des sceaux en échange d’une accusation certaine. Perdue, la femme demande alors à son mari ce qu’il fera. Le juge d’instruction répond alors : « Mon devoir, mon devoir ! Je n’ai guère plus le choix. » C’est beau, on pourrait presque reconnaître dans cette anecdote quelque chose de contemporain.

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Personal Shopper, Olivier Assayas (2016)

Personal Shopper

Personal ShopperAnnée : 2016

Vu le : 28 mai 2019

3/10 IMDb iCM TVK

 

Réalisation :

Olivier Assayas


Avec :

Kristen Stewart

Remake muet de Her entre Marc Levy et Kiyoshi Kurosawa et à destination seule des rédacteurs des Cahiers du cinéma ayant un compte Tinder.


Si j’avais à écrire un dictionnaire « j’aime / j’aime pas », il faudrait sans doute une plombe à écrire le premier volume, en revanche, pas besoin d’écrire le second dédié à ce que j’abhorre : tout ce qu’on trouve dans Personal Shopper en fait déjà le catalogue.

A : l’accent américain à Paris, l’accent français des acteurs Français parlant américains, l’accent anglais quand je commence juste à m’habituer à l’accent américain, les adolescentes sous-alimentées en sweat-shirt, les ambiances sous-éclairées pour inspirer la peur, les auteurs qui « captent l’air du temps »

B : le bruit des touches d’un clavier ajouté au cinéma

C : les caméras mouvantes, les casques de moto, les chapelets de phrases ultra-courtes en langage SMS, les chiens, les cigarettes, les cheveux gras ou graissés pour mimer l’effet « sale » ou « négligé » des personnes bien trop accaparées par leur job ou leurs soucis personnels pour se soucier de leur hygiène, les coups de marteau des voisins pour un « oui » ou pour un « non »

D : devoir regarder un film avec autant de plans d’écrans de smartphone, la diction de Benjamin Biolay, les discussions téléphoniques ou chat au cinéma avec des inconnus pour faire peur alors que t’as juste l’impression de suivre des échanges Tinder ou une version muette de Her, les dressing-rooms grands comme des trois pièces

E : l’eau qui goutte pour faire peur au cinéma, les ectoplasmes numériques doublés d’un bourdonnement strident ou sablonneux, les employés qui font ce qui leur est interdit de faire mais qui le font avec la soif de l’interdit et du danger de se faire prendre comme d’autres se droguent dans des chiottes publiques

F : les fashion victims, les filles avec des gueules sinistres parce que ça fait plus joli comme dans les magazines, les films d’Olivier Assayas

G : les gares, les gens capables de dire des phrases comme « je dois passer à Cartier » comme d’autres disent « je dois passer à La Poste », les gens pressées et toujours en retard (toujours over-bookés tellement leur vie est remplie de rendez-vous manqués à ne surtout pas rater), les gens qui prennent des cafés à tout bout de champ comme on prend des verres en soirée pour moins se trouver moins empotées, les gens rivés en permanence à leur portable, les gens qui prennent pressées des verres d’alcool seules chez elles pour avoir l’air moins connes devant des caméras imaginaires

H : l’hiver, les hyper-actifs-hyper-branchés,

I : l’idée que l’esprit de Jerry Lewis puisse venir moi aussi un jour me hanter, l’idée d’un « spiritisme numérique »

J : les jingles SNCF, les jumeaux au cinéma et tout le folklore qui en découle, les jobs bien payés à la con,

L : les lampes à gaz, les lampes à huile, le langage SMS, les lustres en cristal dans les maisons abandonnées (savamment habillés de barbe à papa pour faire « toile d’araignée »)

M : les mugs et les T-shirts orange, les mises à jour Apple, la mode, la musique de plombier pour faire « mystérieux »

O : les ongles rongés

P : les parquets qui grincent, les personal shoppers qui détestent leur job mais le font quand même, les personnages qui disent « j’ai rencontré quelqu’un » (personne dans la vie ne parle comme ça), les personnes qui prennent à témoin des gens quand ils sont au téléphone pour se moquer de leur interlocuteur, les portes qui claquent dans les maisons hantées ou chez les voisins indélicats, les personnes au travail surjouant l’assurance, les petits seins au cinéma toujours prétextes à les montrer nus, les poitrines nues des actrices principales histoire de montrer qui est le patron sur le plateau, les portes à air comprimé dans les trains qui font « tchi-pooh » comme dans Star Wars mais qui ne s’ouvrent en réalité bien que dans les films, les pseudos-sciences, les pulls en V portés sur un torse nu, les pushs en mode vibreur

R : Rudolph Steiner

S : les salles de bain à vasques rectangulaires (et non avec des lavabos randoms), les scooters, les SMS, les signes (ou l’absence de signe interprété comme un signe), les scènes de masturbation, les sonneries à la con sur les messageries instantanées, le spiritisme pris au sérieux

T : les taies en fourrure, les tatouages, les téléphones en mode vibreur dans les films, les trains, les trios pour cordes au cinéma pour faire intelligent

V : les vestes en cuir, les visages maladifs

Rester vertical, Alain Guiraudie (2016)

En chien de fusil

Rester verticalAnnée : 2016

Vu le : 24 mai 2019

4/10 IMDb ICM TVK

 

Réalisation :

Alain Guiraudie


Avec :

Damien Bonnard, India Hair, Raphaël Thiéry

Quand la savonnette t’échappe au milieu d’une meute de loups…

Dommage que cette histoire de loup solitaire ou de brebis égarée se répande peu à peu dans le trash retenu parce qu’il y a quelque chose d’au moins regardable quand on échappe aux provocations ou aux rebondissements poilants. De regardable, autant que peut l’être un film de la nouvelle qualité française avec ses ellipses, son ton feutré, son rythme rapide. J’avoue que devoir si se farcir une scène de cul entre un homme et une femme dans un film, en général c’est déjà rarement poilant, voir une séquence similaire entre un homme et un vieux plouc, c’est pas bien plus passionnant. Ça force un peu la normalité et l’acceptation de l’autre, comme une sorte de sophisme cinématographique qui essaierait de nous convaincre que si c’est possible entre un homme et une femme pourquoi ça ne le serait pas entre un homme et un vieux… Sauf que ce n’est pas “normal”, c’est embarrassant, parce qu’une scène de cul montrée sur la durée, ç’a autant d’intérêt dramatique qu’une scène de cabinet ou une autre dévoilant en longueur un homme en train de couper du bois. C’est moins une question de “genre” que de situation hors-sujet. Et je n’aime pas trop qu’on me force la main d’ailleurs, surtout si c’est pour me faire comprendre de telle banalité. « Ah, vous avez vu, c’est normal. »

Le détour le plus ridicule, il est encore ailleurs, celui de concentrer son récit autour d’une même poignée de personnages : si bien que quand un petit ami apparaît à la blonde, ça ne peut être qu’un de ces personnages déjà vus. Ça mange pas de pain, on profite d’un effet spectaculaire, mais c’est surtout une coïncidence ridicule et difficile à avaler. Au final, on se retrouve étrangement avec le bon goût d’une série B qui se donne l’apparence d’un film d’auteur.

Pour le positif, il y a une lenteur dumontielle qui attire l’œil, dans un premier temps toutefois (on retrouve un bon principe bressonnien également, qui est de ne jamais expliquer, tuer les rapports de cause à effet, afin d’amener le spectateur à s’interroger). Et les acteurs s’en tirent plutôt bien.

Assez caractéristique, j’insiste, d’une nouvelle qualité française. Pour copier Bresson, Dumont ou les autres, il y a du monde, mais si la forme est entendue, le signe d’un certain savoir-faire naturaliste, pour le contenu, c’est rarement ça. À ce compte, je préfère encore voir un Dardenne ou un Loach, pour qui la forme ne surprendra plus personne, mais le sujet au moins est clair, on est dans un cinéma qui se propose de constater l’air d’une époque. Là, ou dans nombre de ces films de la nouvelle qualité française, rien. La forme qui devrait aider à illustrer un sujet, fait tout le contraire et se noie souvent derrière un dispositif pourtant léger et simple à mettre en œuvre.

(Un film « Cahier », Les Films du losange et « Cannes officiel », ça ne surprendra personne.)

Rose-France, Marcel L’Herbier (1919)

Rose-France

Rose-FranceAnnée : 1919

Vu le : 22 mai 2019

2/10 IMDb

 

Réalisation :

Marcel L’Herbier


Une histoire du cinéma français

Roman-photo impressionniste sans grand génie.

Plusieurs mois après la fin de la guerre, L’Herbier en est encore à faire un film de propagande en l’honneur de la patrie. La direction d’acteurs est à pleurer : pantomime qui prend la pose, roulement dans les herbes… tout sonne faux. Le choix de l’acteur principal est plutôt idiot : il semble avoir vingt ans de moins que la femme qu’il est censé aimer. Le sujet est navrant : un homme tombe sur des poèmes de sa bien-aimée et pense qu’elle le trompe, alors que ces écrits sont dédiés… à la France. La touche exotique est assurée par un chef indien qui n’a aucune fonction dramatique. Les intertitres sont idiots, trop nombreux, et pour rendre tout ça créatif, L’Herbier s’amuse à trouver à chaque panneau un arrière-plan particulier censé symboliser la situation en cours comme les illustrations dans les beaux livres ; sauf qu’on serait malgré l’époque plus proche d’un exposé PowerPoint avec des collages faussement savants, des illustrations sorties dont ne sait où, et des lettrages bourrés d’excentricités typographiques.

Alors certes, on sent poindre les recherches de l’impressionnisme, notamment au niveau des surimpressions, mais la cohérence dramatique de l’ensemble ferait presque plus penser à un film expérimental. Sauf que là encore, les intertitres sont là pour nous rappeler qu’il y a une ligne narrative à suivre, et qu’à tous les niveaux tout sonne piteusement amateur.

Les Estivants, Valeria Bruni Tedeschi (2018)

Les Estivants

I villeggiantiAnnée : 2018

Vu le : 21 janvier 2019

5/10 IMDb

 

Réalisation :

Valeria Bruni Tedeschi

Ne te demande pas ce que Voici peut faire pour toi, demande-toi ce que tu peux faire pour Voici. Ou quand l’impudeur ne vient pas à toi, va à elle…

L’écueil impossible à résoudre de l’autofiction où ce qui nous est proposé résonne avec ce qu’on sait et qu’on ne voudrait pas savoir ; où on se demande, au fond, ce qui est proche de la réalité, remanié avec, ou sans, mauvaise foi ; où on sait que l’auteur sait qu’on se pose la question et ne peut lui-même y répondre… S’il y a une règle du jeu, elle est ici, celle d’une connivence hors cadre avec le spectateur, certainement pas ailleurs. Et elle est de celles qui embarrassent. Parce qu’autrement, si tout pourrait en effet faire penser aux joyeux mélanges du film de Renoir (et là aussi, on ne cesse d’y penser, et on préférerait assister à un film sans devoir à chaque instant en revenir à une référence écrasante), les Estivants souffrent largement de la comparaison.

Le film n’est pas si mal écrit (si on laisse de côté ces contrariétés inhérentes à l’œuvre d’autofiction), il est très bien dirigé (comme disait Hitchcock, une grosse partie de ce travail consiste à prendre les bons, et de bons, acteurs, et ici, on est servi), mais il manque en bout de chaîne tout ce qui fait la justesse d’un bon cinéaste. Étrangement d’ailleurs, l’actrice Valeria est celle qui joue le moins juste, et c’est franchement pénible, sachant qu’on la sait capable de mieux quand elle est canalisée, qu’on y supprime toutes les propositions « de trop », moins justes ou pertinentes, que ce qui devrait. La cinéaste semble être traversée des mêmes défaut que la comédienne, et semble ne pas prêter attention aux petites subtilités qui font la grandeur d’une mise en scène. Elle a pourtant la fantaisie, marque souvent des meilleurs, et elle a le goût et l’intérêt de mêler comme un Renoir, comme un Allen, comme un Fellini ou d’autres, les situations amusantes et le plus tragique. Mais la volonté ne fait pas tout.

Ça manque de grâce, de distance ; les volumes, ou les durées, sont rarement celles ou ceux qu’il faudrait ; la sensibilité, ou l’émotion, recherchées paraissent trop forcées ou vite expédiées (elle ne semble pas savoir par exemple pas quand ralentir ou prendre son temps dans une séquence réellement émouvante, et c’est sûr qu’avec 21 personnages, on n’a pas le temps à perdre, et on peut avoir du mal à déterminer, à choisir, des situations à mettre en avant plus que d’autres).

Avec tout ça, la mise en abyme liée au thème principal du film (l’évocation du frère décédé) semble là encore forcée : Valeria Bruni Tedeschi ne fait que rajouter de l’effet à l’effet, un peu comme un Night Shyamalan irait multiplier les twists pour dérouter son public. Trop de sophistication finit par dénaturer un thème grave et sérieux : si tout cela n’est qu’un jeu, pourquoi prendrions-nous au sérieux ces lamentations de sœurs pleurant leur frère ?

Dernier point, et pas des moindres. Si tous les acteurs sont parfaits, rares sont finalement ceux qui arrivent à nous paraître sympathiques. Dans un film choral, c’est important. Si La Règle du jeu marchait si bien, c’est que tous attiraient notre sympathie. Ici, tous se tirent dans les pattes et se détestent (oui, il est facile de mépriser le couple Sarko-Carla, et le personnage — et acteur — du mari aux yeux bleus est insupportable), pourquoi devrions-nous faire pareil ? Seuls les personnages (et acteurs) Xavier Beauvois et Vincent Perez tirent leur épingle du jeu grâce à une fantaisie inattendue et bien vue.

Les Parents terribles, Jean Cocteau (1948)

Les Parents terribles

Les Parents terriblesAnnée : 1948

Vu le : 6 décembre 2018

8/10 iCM TVK IMDb

 

Réalisation :

Jean Cocteau


Avec :

Jean Marais, Gabrielle Dorziat, Josette Day, Yvonne de Bray


Listes :

Limguela top films

L’obscurité de Lim

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Films français préférés

Une histoire du cinéma français

Il y en a encore qui utilise l’adjectif théâtral comme péjoratif (sans y être probablement jamais allé au théâtre), quand on n’aurait pas idée de dire d’une adaptation de roman qu’elle est romanesque… Qu’est-ce que le cinéma ? (Bazin ©) Faire un gros plan de « Sophie » quand son fils tombe dans les bras de sa Madeleine chérie. Au cinéma, on monte, on découpe, on choisit. Même dans un espace grand comme un dé à coudre, c’est le hors-champ qu’il faut faire exister. Parce que certes, c’est très bavard, mais le découpage de Cocteau est remarquable (nombre de raccords dans le mouvement, de panoramiques ou de travellings d’accompagnement, très importants, sans qu’on voit quoi que ce soit ; le bonhomme fait même des plongées, bien avant que certains voient Scorsese l’utiliser pour la première fois en criant au génie).

Au-delà de ça, le nœud tendu par Cocteau au milieu de ses personnages, sorte de mélodrame vaudevillesque tournant à la tragédie (et finissant au fond comme un Cocteau, par une morale certes élégante mais un peu chiante), c’est tout de même quelque chose. Et toujours cette idée qu’on retrouve souvent chez lui autour de la question du mensonge (j’aime la vérité, mais la vérité ne m’aime pas, etc.) : le plus réussi ici étant que Madeleine est peut-être la seule à se refuser au mensonge, et qu’elle s’y trouve prise malgré elle. La moralité d’ailleurs de la vérité absolue dans laquelle toutes les vérités se font face n’est pas celle de Cocteau. On peut ne pas être d’accord, mais il est au moins fidèle à la sienne de morale. La vieille crève et un autre amour peut maintenant commencer, pour que les roues de la charrette de l’amour continuent de tourner…

Martin Roumagnac, Georges Lacombe (1946)

Martin Roumagnac

Martin RoumagnacAnnée : 1946

Vu le : 21 novembre 2018

6/10 IMDb

 

Réalisation :

Georges Lacombe


Avec :

Marlene Dietrich, Jean Gabin, Daniel Gélin


Une histoire du cinéma français

On est parfois si bien à travailler avec des amis qu’on en oublie que l’étincelle chez le public, elle brille de l’incertitude, des petits silences qui se toisent et des flirts entre amants. Manque la tension, quoi. Entre Gabin et Dietrich surtout. Lacombe ne semble pas flairer le problème parce qu’il les laisse aller comme deux vieux amants qui n’ont plus l’air que des frères et sœurs. Comme c’est affreusement bavard, s’appuyer sur le texte peut paraître pour tout le monde un appui assez pratique, or c’est souvent un piège. Résultat, tous les moments forts sont ratés, car vite expédiés, ou mal exploités. C’est pas tant que c’est bavard, mais bien que le jeu de la jalousie et de la pute éperdue ne prend jamais. Si ce n’était par les dialogues, ça devait passer par les gestes, les attitudes, les regards. Mais rien ne se passe.

Il y a aussi comme un creux, ou un détour, qui prend mal sur la fin, celui de la judiciarisation de l’affaire si on peut dire. Laisser Dietrich pour morte alors qu’on la sent si engagée à gommer jusque-là tout ce qui pourrait rester d’accent allemand, c’en est bien triste, et on se sent comme orphelins, laissés avec un homme devenu un vulgaire connard. Y a quelque chose là encore qui prend jamais : les remords de Gabin. On l’imagine déjà mal jaloux au point de tuer sa belle, mais jouer les filous et culpabiliser sur le tard, c’est pas trop dans le registre du bonhomme. Suffit parfois d’un plan pour remédier à ça, mais Lacombe ne semble être bon qu’à suivre une partition dictée pour lui par des lignes de dialogues et des situations romancées.

En revanche, l’interprétation est remarquable. Peut-être trop justement, car à force de chercher à être juste, nature, simple, on passe à côté de la situation, et de la logique de mise sous tension d’une intrigue. Dans un cinéma naturaliste pourquoi pas, mais justement là, on est dans autre chose, d’un peu baroque certes, passant de la romance au film de prétoire, mais pas grand-chose à voir avec un petit réalisme à La Belle Équipe (dont le finale « fait divertissant » souffrait justement déjà d’un mélange de genres impossible et tournait là encore à l’impasse). Faut voir Dietrich en français pour voir son talent, et ce malgré un haut de visage dessiné à la Playmobil.